théâtre

Le règne de Tarquin

Jeanne Candel / création

Drame lyrique pour chanteurs, comédiens, cantate de Haendel et orchestre de bal.
Spectacle créé en ouverture de saison 2019/2020

Ce projet d’« opéra-théâtre » propose l'écriture d'une fiction et d'une partition originales à partir du mythe de Lucrèce. Il est la continuation d'un travail que j’ai commencé dans Le Crocodile trompeur / Didon Enée puis plus récemment dans Orfeo – Je suis mort en Arcadie avec Samuel Achache et Jeanne Candel. Notre langage assemblant musique, théâtre et lyrisme devra faire l'objet d’une recherche particulière. Alors que dans les spectacles précédents, nous avons travaillé à partir de grandes œuvres du répertoire, cette fois-ci l’enjeu est de créer un livret et une partition originaux tout en restant en contact avec une recherche théâtrale « in situ ».
L’action se déroule en Amérique du Sud, probablement en Argentine. L'instrumentation tango sera notre point d'ancrage pour former un ensemble tenant à la fois de la musique de chambre et de l’orchestre de bal. Il ne s'agira pas pour autant d'écrire un « opéra-tango » (pas plus que
Le Crocodile trompeur n’était un opéra-jazz), mais de s’inspirer de la liberté rythmique de cette musique.
Nous travaillerons à partir de différents matériaux, et en particulier la cantate HWV 145 La Lucrezia de Haendel, qui davantage comme point de fuite que comme point de départ, pourra ouvrir un moment dramatique particulier sur la mort du personnage féminin principal.

Florent Hubert (compositeur)

A l’origine de ce spectacle, il y avait un projet de pièce de théâtre, inspiré par la figure de Joseph Mengele. Pendant des années, faute de trouver les moyens adéquats de faire parler ce tortionnaire sur scène, le projet resta en souffrance. Lorsque j’appris que l’opéra était une des passions de Joseph Mengele, les lignes s’ouvrirent soudain. Le problème moral soulevé par l’existence d’un tel être (le mal ne meurt jamais tout à fait) se doublait d’une question d’ordre esthétique (les hommes les plus horribles aiment la musique comme tout un chacun), qui la complexifiait en l’approfondissant. C’est sur ce terrain que la rencontre avec Florent Hubert s’établit.
Pourtant, cette solution, si elle pointait adéquatement l’une des zones d’ombres de la musique et de l’histoire, n’allait pas sans poser de problèmes. Passé un certain niveau, l’horreur se fond difficilement dans un spectacle lyrique. Trop lourd, trop morbide, trop frais, Mengele apparait comme le sujet d’un impossible opéra. Il fallut le mettre à distance. Ainsi est né le général Tarquin, dont la vie et la fuite doivent à peu près tout à Joseph Mengele, mais qui regarde vers le passé autant que vers notre temps. Cette symbiose de la figure de Tarquin, dernier roi de Rome, maléfique et sanguinaire, et du Joseph Mengele du troisième Reich, permet de se hisser à la hauteur du mythe, sans souffrir de la proximité de l’horreur. Ce faisant apparut le personnage Lucrèce, sorte de belle-fille de Tarquin, chanteuse nourrie dans la haine du général, mais qui lui devait l’amour de la musique.

Aram Kebabdjian (auteur)

Distribution / Production...

musique Florent Hubert
livret Aram Kebabdjian
mise en scène Jeanne Candel
scénographie Lisa Navarro
avec Florent Baffi ; Delphine Cottu ; Myrtille Hetzel ; Antonin-Tri Hoang ; Sébastien Innocenti ; Léo-Antonin Lutinier ; Damien Mongin ; Agathe Peyrat ; Marie Salvat.
nomenclature violon, violoncelle, bandonéon, clarinette, trompette, piano

production La vie brève
coproduction Nouveau théâtre de Montreuil – CDN ; Le Théâtre de Lorient – Centre dramatique national de Bretagne ; La Comédie de Valence – Centre dramatique national Drôme-Ardèche ; Le Théâtre de Caen ; Le Grand T - Nantes ; en cours…
avec le soutien d’Arcadi Ile-de-France